Allez en parler aux supporters de ce syndrome !
Le public du Parc a eu son lot de couleuvres plus ou moins difficiles à avaler par le passé. Entre les amalgames douteux qui faisaient des abonnés autant de hooligans, et les sempiternelles accusations de racisme, les Parisiens sont des habitués des clichés en tous genres. Mais celle-là, il fallait tout de même oser la sortir. Fort heureusement, le président Cayzac a publiquement réfuté cette théorie. Parce que accuser le public du Parc de nuire à son équipe, par les temps qui courent, ce serait assez gonflé.
Qui peut se targuer d’avoir la force de faire ce qu’ils ont fait ? De tenter de relancer leur virage, et peut-être leur équipe, quand les joueurs se traînent ? Au soir de PSG-Rennes, alors que le score est de un à trois et que l’homme qui tient le méga se dit que personne n’osera siffler sur un hommage à Borelli, quand il se dit qu’en appeler à ce président amoureux du PSG c’est dans l’instant la dernière petite chance de sursaut, quand il trouve la force de ravaler son propre découragement, ses doutes et sa rage pour remotiver tout le monde, encore, c’est là qu’il faudrait aller lui en causer de ce syndrome, tiens !
Et puis dans la foulée, on pourrait ensuite en toucher deux mots à tous les autres. A ceux qui sont au Parc depuis des années. Depuis que le club est à la ramasse. Combien de soirées gâchées pour eux ? Combien d’occasions de revenir au classement perdues ? Combien de déceptions ? On ne compte même plus en matches, ni en mois : c’est en saisons entières qu’il faut parler désormais. En générations de supporters... Parce que rares sont ceux qui ont connu l’âge d’Or du PSG au Parc désormais. Certains n’ont vécu que ça : la déchéance.
Alors certes, personne ne vous force à rester supporter parisien. Ce serait même plutôt le contraire. Continuer à venir au stade dans ces conditions, persister alors que l’on a multiplié les désillusions, ça n’a rien de facile. Supporter ces remarques à la con, jour après jour, au travail, à la télé, partout, parce que c’est si drôle de se moquer du Paris SG quand on n’y connaît rien, on a beau se dire que personne ne nous aime et qu’on s’en fout, et bien à force cela devient quand même dur. Surtout quand cela fait des années que l’on encaisse, que l’on se bat, et qu’en retour on n’a rien.
Vivre Rouge et Bleu, c’est vivre la lente descente aux enfers de ses couleurs, de tout ce que l’on aime, de tout ce pour quoi on lutte, et cela dure depuis dix ans. Voilà le quotidien en championnat des Parisiens : la frustration et la tristesse. Depuis dix ans !